
Le Brésil est l’un des principaux fournisseurs de matières premières pour le reste du monde, en plus d’être un acteur important dans les politiques climatiques et environnementales internationales. Entre les promesses de revenus, les preuves de contamination (agrotoxiques, exploitation minière) et de destruction environnementale (érosion des sols, déforestation, effondrement de la biodiversité) et les doutes sur les solutions proposées (paiements pour les services écosystémiques, marchés du carbone), les familles et les communautés sont divisées. Au niveau local, la ligne de démarcation entre l’intégration à différents types de marchés et le travail de protection socio-environnementale est étroitement liée aux formes dominantes de masculinité et de féminité. Entre les deux, l’agroécologie est à la fois une résistance à la marchandisation et un processus de transformation des femmes et des hommes.
Cet ouvrage analyse l’engagement d’un large éventail de sujets en faveur de l’agroécologie et, ce faisant, redéfinit la signification même de ce concept. Sans négliger la position des hommes, il choisit de se placer aux côtés des femmes qui ont été historiquement réduites au silence, dans un mouvement qui va des expériences locales aux questions globales. Les autrices de cet ouvrage sont membres d’organisations de la société civile, de mouvements sociaux et du monde universitaire, dans les domaines des sciences sociales et agraires, au Brésil et en France. Ensemble, elles ont mené une recherche interdisciplinaire sur le terrain pendant près de deux ans et une recherchaction auprès de collectifs locaux de femmes agricultrices engagées dans l’agroécologie. Situé et réflexif, le livre fait entendre la voix de ces femmes, enracinées dans les cuisines, les potagers, les champs, les forêts, les sols et les rivières de la vallée de Ribeira et de la Zona da Mata mineira, au sud-est du Brésil. Confronté aux points de vue des agriculteurs et d’acteurs des secteurs agro-industriel, minier et environnemental, le livre présente de nouvelles connaissances, à la croisée des études féministes, de l’économie et de l’écologie politiques et de l’agroécologie, tout en alimentant les possibilités d’alternatives concrètes.