YEHOUETOME Madina

Ecole Doctorale Anthropologies et Sociologie (ED 624)

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Sujet de Thèse

  • Restitution et Matrimoines royaux au Sud-Bénin

Directeur de thèse :

  • Saskia Cousin, maitresse de conférence HDR à l’Université de Paris

Axes :  :
Axes du CESSMA (UMR 245) concernés :

  • L’axe thématique n°1 : « S’approprier, contester, lutter : spatialité, domination, violence ». En effet les défenseurs des cultes et des matrimoines traditionnels ont dû lutter et doivent encore lutter contre Différentes dominations : les religions importées, la modernité qui ne veut pas des superstitions et la société patriarcale.
  • Axes du labex DynamiTe concernés :
    Mon sujet de thèse s’inscrit dans l’enjeu scientifique 1 – « Héritage et mutation des territoires ». Il concerne en particulier le groupes de travail. « Patrimoines : savoirs et
    Circulations » car mon travail porte sur la production, la transmission et la circulation des savoirs, des arts et des rites.

Communications

  • 12 juin 2019 : Avec Valérie Perles (directrice du musée Albert Kahn), « performance chantée sur les films muets des rituels d’Abomey », Colloque Le retour de la restitution, Sorbonne, Paris.
  • 12 juin 2019 : avec Sara Tassi, « Comment le Gou du Louvre est-il perçu par les habitant.e.s de Gukọmẹ ? », Colloque Le retour de la restitution, Sorbonne, Paris.
  • 7-8 mai 2018 : « Enquêter auprès des bonnes dames ». Colloque de clôture du PDR F.R.S FNRS Des situations qui forcent à penser : les outils de l’architecture face à la pluralité des modes d’habiter, Facultés d’Architecture la Cambre-Horta (Université Libre de Bruxelles).
  • 18-21 septembre 2017 : « Radio Xokon Porto-Novo. Enquête sur une place publique ». Journée d’étude Appréhender l’espace public : apports des outils et méthodes de description spatiale, École du Patrimoine Africain (EPA), Facultés d’Architecture La Cambre-Horta (Université Libre de Bruxelles), Porto-Novo.

Publications

  • 2018 : S. Tassi, M. Yêhouétomè, S. Cousin, « Un Gou de blanc(s) » dans Création contemporaine et patrimoine royal au Bénin : autour la figure du dieu Gou, Actes de la journée d’étude tenue à Porto-Novo le 25 avril 2016, site de l’HICSA, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne,

Prix et distinction :

Lauréate du 8ème prix de la Maison des Cultures du Monde, projet Ajogan, ballet rituel du royaume de Porto-Novo (Bénin), programmation de la 25ème édition du Festival de l’imaginaire en 2022.

Résumé de thèse

Le Bénin est un pays ouest africain de diversité religieuse dont les rites et tradition vodun lié à la royauté sont très présent. Mes recherches s’intéressent à la question de la restitution au Bénin du point de vue des femmes dans les villes royales d’Abomey et de Xɔgbonu (Porto-Novo). Elles se situent dans le Bénin méridional. Dans ces milieux, on remarque que les cultes vodun et la royauté ne disposent pas seulement une hiérarchie qui structure leurs fonctionnements mais aussi la fabrication des objets qui interviennent dans les pratiques rituels et l’épanouissement de la royauté. Aujourd’hui, bon nombre de ces objets se trouvent dans des musées occidentaux. Ils ont changé de fonctions et de statut. Or ces objets renferment le mémoire des femmes, des hommes et les vodun.

Les vodun sont « les forces organisatrices de territoires » des villages mais aussi des villes comme en témoigne les cas d’Abomey (Mahieu, 2019) ou de Porto-Novo (Sinou et Oloudé 1988). La thèse de Sara Tassi (2019) a approfondi le rôle spatial et territorial des cultes vodun à partir de l’étude de la ville de Porto-Novo au Bénin. Je travaille sur les enjeux de la restitution au Bénin méridional et j’aborde cette question à partir de la notion de matrimoine (Hertz, 2002 ; Cousin 2018). Le matrimoine est pertinent pour désigner et penser certains héritages matériels et immatériels produits, transmis et valorisés par les mères et plus largement par les femmes. Le patrimoine est l’ensemble des biens matériels et immatériels transmissent par les pères. Au Bénin, les femmes sont des vecteurs de la circulation des biens matrimoniaux au seins de ces sociétés patriarcales. Dans le royaume d’Abomey et de Xɔgbonu (Porto-Novo), les femmes et les hommes veuillent à la conservation et à la transmission des arts et cultes. Mais le rôle des femmes est primordial dans la conservation du matrimoine et la transmission de la mémoire sociale des biens culturels dans ces sociétés. Ainsi, seules les femmes peuvent fabriquer des poteries du vodun, L’histoire de ces royaumes sont également transmise par les femmes à travers différentes modalités, comme la danse des amazones initiée par la première Reine Hangbé (1708-1711) et dont l’actuelle reine Hangbé assure le contrôle à Abomey. De même, dans le royaume de Xɔgbonu (Porto-Novo), la musique et la danse royales Ajogan sont transmises par les femmes depuis des génération. La place des femmes dans l’art de cour (artisanat, chant, musique et danse) : apprentissage, performance, transmission des matrimoines est indispensable dans ces royaumes.

Comment, dans la société patriarcale Adja-Fon et Gun, les femmes ont-elles organisé la sauvegarde et la transmission des généalogies royales, des savoirs, des mythes, des cultes et des arts matériels et immatériels ? Comment parviennent-elles aujourd’hui à sauvegarder, à transmettre et à valoriser ce matrimoine ? Quels sont les mutations et les persistances de l’organisation de l’espace et la fabrication des objets et leurs fonctions ?
Que savent les femmes dans la tradition sur les anciennes fonctions des objets qui se trouvent dans les musées occidentaux ? Cette thèse étudiera également les nouvelles fonctions que les femmes dans la tradition ont envisagé pour les objets qui seront restitués qu’est qu’elles savent de la mémoire des objets, des femmes liés à ces objets qui sont retrouvés dans les musées et leurs retours ?