CONSOLI HUANG Irène

Anthropologie

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Sujet de Thèse

Le désastre sanitaire de la pneumoconiose en Chine, catalyseur d’une nouvelle citoyenneté, la fondation daai, incubateur ou instrument du pouvoir ?

Directeur de thèse : Gilles Guiheux, Monique Selim

Communications

Publications

  • Santé et travail à la mine : XIX-XXIème siècle sous la direction de Judith Rainhorn. Préface de Paul André Rosental, aux presses Universitaires du Septentrion, mai 2014. Le titre de mon chapitre : La Chine et ses mineurs de fond : chronique d’un désastre sanitaire.
  • L’Histoire, sept/oct 2014, 200 ans de Révoltes Ouvrières, "Le désespoir des ouvriers chinois".

Résumé de thèse

La Chine a bâti son développement sur son secteur houiller, Les entreprises d’Etat sont devenues le centre d’attraction pour des millions de jeunes paysans chinois. Mais les prestations sociales offertes à ces "bâtisseurs du pays" représentent un coût exorbitant. Durant les réformes économiques, l’industrie houillère d’Etat est progressivement remplacée par des entreprises plus souples dont les salariés sont précarisés. La production houillère explose mais au prix de la santé de millions de mineurs. Ce sont souvent des paysans-ouvriers, institutionnellement disqualifiés. Leur situation sanitaire a longtemps été occultée par les outils du pouvoir que sont les statistiques et le système de santé au travail. Dès le début de ce nouveau millénaire, un embryon de société civile émerge. Le secteur associatif explose en Chine et des individus de plus en plus nombreux s’engagent dans des programmes caritatifs et s’efforcent de rendre à certaines catégories de population la visibilité qui leur a été refusée. Ces organisations sociales sont de plus en plus nombreuses et, loin d’être uniformes, elles se modèlent par les différents types de ressources qui produisent différents types de citoyenneté. Ces ressources influencent également le rapport avec le gouvernement qui adopte un contrôle bidimensionnel et déroge à certaines règles.

  • Mon étude porte sur la fondation Da Ai depuis son homologation officielle et à ses volontaires. Ceux-ci sont enthousiastes et pleins d’empathie envers ceux qui ont été sacrifiés sur l’autel de l’économie et de la croissance. ils consacrent toute leur énergie à aider ces paysans-ouvriers et à leur rendre une visibilité auprès des autorités. Dans ce processus de production de sens, comment réagiront-ils ? Vers quelle stratégie s’orienteront-ils ? Parviendront-ils à mener une action politique au nom de leur organisation ?
    Or, de 2011 à 2018, j’effectuai des visites au siège de la fondation afin d’interroger les volontaires, je m’étonnais de ne jamais retrouver les mêmes et les motifs de leur départ restaient toujours « inexpliqués ». Lors d’une visite rendue en 2014, je fus témoin d’une véritable fronde qui explique en partie le départ d’un certain nombre d’entre eux. Au fil des années, les mécanismes d’institutionnalisation sont mis en place et ont rendu mes investigations de plus en plus difficiles. En 2018, une année charnière, je contactai les "frondeurs" qui, ayant quitté la fondation, m’ont révélé les dysfonctionnements, les problèmes de gouvernance de l’organisation. Ces "frondeurs" avaient embrassé un vrai projet politique centré sur une citoyenneté universelle.
    Sous la mandature de Xi Jiping, l’espace de la société civile s’est fortement contracté. Quelle marge de manœuvre restera-t-il aux volontaires de la fondation, ceux qui sont restés et les frondeurs qui l’ont quittée, quelle stratégie pourront-ils adopter et avec quelles répercussions sur leur engagement ?